10 choses à savoir pour établir un devis dans les arts visuels

Le devis représente une étape indispensable dans la réponse à une commande. Bien réalisé, il vous permettra de cadrer la proposition et d’éviter les zones de flou et les malentendus entre votre client et vous. Voici 10 choses à connaître pour établir un devis en bonne et due forme.

©Rayi Christian Wicaksono
©Rayi Christian Wicaksono

#1 –  Définition : un document explicatif et personnalisé 
Le devis constitue la réponse de l’auteur au brief du client. Ce dernier y expose succinctement ses attentes et évoque le résultat escompté. L’auteur doit rester à l’écoute de son client et arriver à saisir ses attentes. Il peut le conseiller et l’orienter, afin de lui proposer les solutions les plus adaptées. Dans ce sens, plusieurs options peuvent être proposées. Un devis est un document personnalisé. Il ne peut être fait « à la chaîne », sans tenir compte des spécificités du client rencontré. A contrario, si le brief n’est pas complet ou peu précis, le devis sera tout autant difficile à établir. Aussi, mieux vaut-il réussir à établir (et à entretenir) un bon dialogue avec son client.

#2 – Estimer son travail : un outil de calcul 
Un devis reste une estimation du coût d’un travail ou d’une marchandise. Il s’agit donc de fixer et présenter le prix à payer en contrepartie d’une prestation définie. Pour les auteurs des arts visuels, les professionnels qu’ils sont doivent savoir estimer leur tarif. Mission ardue mais pas impossible. (quelques pistes pour les photographes et d’autres ou celles-ci pour les graphistes ; et un outil global). Et rappelez vous que, dans ce domaine, « mieux vaut trop que pas assez ». Il est toujours préférable d’annoncer une fourchette haute de tarif, permettant ainsi une marge de négociation. La pratique nous montre qu’à vouloir pratiquer des prix trop bas, les professionnels ne peuvent perdurer dans leur activité.

#3 – Le devis est-il obligatoire ?
La loi française pose que le devis n’est obligatoire que pour quatre secteurs déterminés : – les travaux et le dépannage,
– les services à la personne,
– les prestations de santé,
– le secteur du déménagement.
L’activité des arts visuels ne correspondant à aucune de ces situations, les auteurs ne sont donc pas tenus de fournir un devis.
Toutefois, il doivent respecter les règles générales du droit de la consommation (articles L111-1 à L111-7  ). Il est fortement recommandé de se doter d’un document qui contractualise les futures collaborations. Avant l’achat d’un produit ou d’une prestation de service, le consommateur doit être en mesure de connaître le prix et de comparer sans difficulté. C’est pourquoi l’affichage des prix est obligatoire (article L113-3 du code de la consommation – ). Mais quand le produit ou la prestation de service est complexe et personnalisable, comme c’est le cas pour les prestations liées aux arts visuels, le devis trouve son utilité.

#4 – Un devis est-il un contrat ?
Le devis n’est pas un contrat en soi. Il s’agit d’un engagement unilatéral qui a une valeur contraignante que pour celui qui l’a établi. Seul l’auteur est engagé par son devis, le client n’a pas d’obligation. En effet, juridiquement, il s’agit d’une offre de contrat qui lie celui qui l’a émise. Pour que le contrat soit conclu il faut que le client donne son accord express en signant le devis.

#5 – La formalité de la validation
D’un point de vue formel, il faut la date d’acceptation du devis, la mention manuscrite « Bon pour accord » suivie de la signature du client. Il accepte, alors, le principe de la prestation mais également son montant. Si le client signe un devis, il s’engage à l’honorer.

#6 – Combien d’exemplaires ?
Dans le meilleur des mondes, le devis est établi en trois exemplaires : un pour vous et deux pour votre client. Ce dernier vous en retournera un signé pour vous signifier son accord et gardera l’autre comme archive. Dans la réalité, il est souvent établi en un exemplaire remis au client quand il n’est pas envoyé par mail sous format PDF.

Galymzhan Abdugalimov
Galymzhan Abdugalimov

#7 – Mentions nécessaires
Afin que sa valeur juridique soit incontestable, un devis (également appelé lettre de mission) doit contenir certaines mentions :
– la mention « devis » ou « proposition de prix » et un numéro d’identification
– le nom et les contacts complets de l’auteur émetteur
– son numéro du SIRET
– le nom et/ou la raison sociale du client + personne en charge du dossier
– le lieu d’exécution de l’intervention ou le lieu de livraison
– la date de rédaction
– la durée de validité du devis (la mention de 2-3 mois apparaît comme un délais raisonnable)
– le décompte détaillé en quantité et en prix de chaque prestation ou produit. Pour chaque opération, il faut indiquer la quantité, le prix unitaire ainsi que l’unité de mesure utilisée. (taux horaire, tarif journalier, demi-journée, forfait post-prod, création de pistes de recherche, cession de droit…)
– la somme globale à payer en Hors Taxe (HT) et en Toutes Taxes Comprises (TTC) en précisant le (ou les) taux de TVA applicable(s).

#8 – Mentions facultatives mais néanmoins conseillées
D’autres formules peuvent se retrouver dans un devis:
– la méthode utilisée pour calculer votre tarif : le temps passé, le tarif horaire et/ou journalier, la présence de post-production,… plus il y aura de détails justifiés, plus le client comprendra votre prix
– le déroulé de votre prestation : donner un calendrier au client, comment va se dérouler votre prestation, quand vous allez faire quoi, pendant combien de temps… les clients aiment bien savoir où ils vont
– les frais de déplacement, s’ils sont impliqués dans l’exécution des travaux
– les modalités de règlement avec un échéancier précis des paiements, en mentionnant, le cas échéant, la date et le montant de l’acompte à verser.
– les conditions éventuelles de révision du prix
– l’appartenance à une association de gestion agréée
– les taux de précompte Agessa pour les photographes assujettis
– l’assurance professionnelle éventuellement souscrite au titre de l’activité, les coordonnées de l’assureur ou du garant et la couverture géographique du contrat ou de la garantie. Cela peut toujours rassurer un client trop frileux.

#9 – La forme
La bonne rédaction de ce document permettra de démontrer son professionnalisme et son sérieux. Sa présentation et la justesse de ses mentions lui permettront d’asseoir un peu plus son statut professionnel. Il n’est tenu à aucune forme particulière. Il faut privilégier une forme simple, lisible et détaillée. Concentrez vous sur le contenu de votre prestation, son déroulé et le montant correspondant. Evitez les fioritures graphiques inutiles. Il faut viser juste et être pertinent dans ses propos. Efficacité.

#10 – Conseils pratiques
Gardez en tête que ce document doit vous ressembler et démontrer votre méthode de travail. Comme tous documents commerciaux, le devis doit être le reflet du sérieux et du professionnalisme de l’auteur qui le présente. Il doit donner envie d’être signé ou, à défaut, d’être négocié. L’auteur recherche le bon équilibre : il doit apparaître ferme et déterminé tout en restant ouvert à la discussion et à la négociation. Il faut ouvrir le dialogue et expliquer son activité. Car les métiers des arts visuels doivent allier créativité, qualité, réactivité mais aussi pédagogie. Un bon devis est donc un précieux allié pour expliquer votre activité et justifier votre prestation.

A propos

Laurent ONDE
Laurent ONDE

Laurent appréhende les arts visuels par différents prismes : photographe, journaliste, coordinateur d'évènements, curateur, juriste spécialisé... Il garde un regard curieux sur ce qui l'entoure. Chez illusion & macadam, il est en charge du bureau des auteurs, véritable laboratoire d'idées dédié aux professionnels de l'image (graphistes, photographes, illustrateurs, plasticiens).

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