6 conseils pour un cybermusicien

Stratégie digitale - Speed-meeting avec Virginie Berger - Photo Margot Valeur

Quand communiquer sur ma sortie d’album ? Comment étendre mon réseau de fans ? Quelle stratégie pour augmenter ma visibilité sur le web ? D’un côté des artistes musiciens avec des questions existentielles, de l’autre, Virginie Berger, experte en stratégie digitale spécialisée dans le marketing musical. Au milieu, un chrono. Top départ pour un speed-meeting constructif et sur mesure.

Virginie Berger fait ses premiers pas sur le blog Don’t Believe The Hype, spécialisé dans en marketing musical et startups musique-tech. Puis elle publie le livre Musique et Stratégie Numérique. De discussion en formation, de conférences en ateliers, du blog à l’Agence, il n’a fallu qu’un pas. L’Agence DBHT voit le jour en 2011 à Paris. Aujourd’hui elle figure parmi les leaders en stratégie et business développement pour les industries créatives et les services innovants.
Pendant cet atelier “speed-meeting”, Virginie Berger enchaîne cinq tête-à-tête de 30 minutes pour tâter le pouls de l’artiste qui lui fait face, cerner les erreurs de stratégie et dispenser ses conseils. En direct live, elle pianote sur son clavier, et analyse en un coup d’œil la vivacité virtuelle des artistes. Résumé d’une bonne stratégie numérique en 6 points.

1/ Bien entretenir sa fan base et jouer la carte du “direct to fan”

La fan base c’est la base. Sans fan, la voix de l’artiste ne résonne pas. Sa musique ne connaît pas de retentissement. Sa visibilité sur scène comme sur le web est réduite à néant.
Le “direct to fan” est une stratégie qui consiste à travailler sur les relations entre l’artiste et ses fans. Aujourd’hui, on peut acheter de la musique, ou bien la trouver gratuitement… Un artiste doit donc convaincre son public d’acheter sa musique et son merchandising (produits dérivés). En s’appuyant sur sa fan base, il doit trouver des intérêts communs et communiquer avec elle, déceler les attentes de son public existant et potentiel. “Le seul moyen de rendre visible et de monétiser les contenus d’un artiste, est de constamment engager les fans et leur donner une raison d’acheter”, précise Virginie Berger.

Ressource : Do It Yourself et Direct To Fan = deux alternatives

 

2/ Artiste social et connecté

Aujourd’hui, vendre sa musique sans Facebook c’est comme vouloir chanter sans micro devant un public de 3000 personnes. Le marché de la musique, comme beaucoup d’autres marchés, est sur Facebook. “C’est un média comme un autre, explique Virginie Berger. Et il faut l’utiliser.”
Au tout début, lorsque le groupe sort de son nid et qu’il commence à s’étendre sur la toile, forcément sur sa page Facebook ou Twitter il n’y a pas foule. Mais rassurez-vous, il existe de vrais moyens pour booster son arrivée sur les réseaux sociaux.
Tout d’abord, il faut utiliser les bons mots-clés dans sa présentation, afin de remonter dans les suggestions de pages à “liker”.
Ensuite, il faut créer une ligne éditoriale de contenus à poster : textes, photos, vidéos, actus, revue de presse… Pas question de partir dans un ego trip, mais simplement de parler du groupe, de ses projets, et de ce qui fait son actualité.
La fréquence de publication sur les réseaux sociaux est fondamentale. “Un artiste doit poster une à deux fois par jour, week-ends compris !, assure Virginie Berger. Il faut imaginer que dans le grand bain du fil d’actualité de Facebook, seulement 2 % des fans voient les publications. Si quelqu’un choisit de liker une page, c’est qu’il veut de l’info, alors il faut lui en donner !”
Se servir du header des pages Facebook et Twitter pour glisser de l’info. Beaucoup d’artistes l’oublient, pourtant c’est justement l’endroit où un groupe peut annoncer des dates de tournée, rappeler l’adresse de son site, etc.
Enfin, il est toujours possible d’“acheter” des likes pour démarrer ou redynamiser sa page. Mais attention, ne jamais acheter de faux likes (profils robots). Mieux vaut privilégier une pub payante qui va attirer de vrais profils.

Mais comment un artiste seul, sans budget ni chargé de diffusion, peut gérer ce travail de community management ? “Il faut prendre le réflexe de prendre 5 minutes par jour pour les réseaux sociaux. Je connais beaucoup de groupes qui y arrivent, conseille Virginie Berger. Ce n’est pas non plus la peine de s’éparpiller et de créer des comptes partout. Les essentiels suffisent : Facebook, Twitter, Instagram.”

Ressource :
Quel est le réseau social le plus important pour un artiste ?
Comment gérer vos réseaux sociaux en 30 minutes ?
2 tips essentiels pour engager votre audience sur Facebook et twitter : photo et lien

 

3/ Un site avec de la musique en première page

Un artiste se doit d’avoir un site. Peu importe qu’il soit conçu via une plateforme comme Tumblr, WordPress, ou par un webdesigner, l’essentiel c’est d’avoir une vitrine sur le web. “Il faut se rappeler du geste qu’un tourneur va faire. Il va prendre son ordinateur et taper le nom du groupe sur Google, détaille Virginie Berger. S’il ne trouve ni site, ni présence sur les réseaux sociaux… C’est mal barré.”
Deuxième point, pour un musicien ou un groupe, si la musique n’apparaît pas rapidement sur le site, voire même sur la première page, c’est un raté.

Ressource : Pourquoi les artistes ont vraiment besoin d’un site Web ?

 

4/ Des clips sur YouTube

YouTube est la première plateforme pour la découverte d’albums. Il est donc indispensable pour un musicien d’avoir sa chaîne YouTube. Même si les clips sont autoproduits et simples, c’est par ce biais que la majorité des internautes écoutent et découvrent de la musique.
Le clip garde une connotation un peu “ringarde” dans nos esprits. Pourtant il est un outil encore indispensable à une bonne image et un bon référencement de l’artiste.

5/ Préparer sa sortie d’album

Lors du speed-meeting, Virginie Berger n’aborde que la partie numérique de la distribution. Trouver un distributeur “physique” c’est une autre histoire.
Première chose : avant de sortir son album, un artiste doit trouver un (ou plusieurs) distributeur(s). Sans distribution, pas d’album. Il est donc indispensable de vendre sa musique sur Bandcamp, la première plateforme mondiale de distribution. “L’inscription est gratuite et en plus elle permet de récupérer des données sur les gens qui téléchargent, précise Virginie Berger. C’est un avantage pour enrichir sa fan base.”
Une présence sur iTunes, Deezer, Amazon, Spotify ou autres n’est pas non plus négligeable.
Deuxième chose : il faut communiquer sur la sortie d’album en sortant les morceaux un par un. Cela permet de créer du buzz et d’inciter les gens à suivre l’actualité du groupe.
Dernier élément : l’idéal est de trouver des partenariat avec des blogs spécialisés dans la musique ou la culture pour communiquer sur la sortie de l’album.

Ressource :
Comment bien choisir votre distributeur digital ?
La distribution digitale de la musique : quoi, où, comment…

 

6/ Une charte graphique soignée et cohérente

Sur chaque interface web, l’univers visuel de l’artiste doit être présent. Facebook, YouTube, Bandcamp, Tumblr, Soundcloud etc… Il faut penser unité graphique et identité forte. “La charte graphique d’un groupe doit se retrouver d’un site à l’autre, explique Virginie Berger. Cela permet aux fans d’identifier tout de suite l’artiste. Et ce n’est pas négligeable lorsque l’on connaît la quantité phénoménale d’artistes qui circulent sur le web.”

Et on sait qu’une belle photo, une illustration originale, un joli graphisme feront la différence. Appliquez-vous !

Ressource : Les outils pour développer votre présence en ligne

A propos

Margot VALEUR
Margot VALEUR

Margot Valeur est chargée de communication pour le festival Tropisme. Ses études littéraires l’ont conduite à l’École Supérieure de Journalisme de Montpellier, où elle obtient un certificat de compétence à la presse écrite. Pendant ses études, elle sent que la photographie est un complément sensible à l’écriture. Depuis elle pratique photo et journalisme de manière complémentaire et indépendante. En parallèle, Margot Valeur travaille en tant que chargée de projets et de communication dans des structures culturelles. Pendant quatre ans, elle a été chargée de projets au sein du festival de photographie documentaire, ImageSingulières, et a participé à la mise en place de la Maison de l'Image Documentaire à Sète. Pour Mu, Margot Valeur écrit des articles d'actualité, des portraits et des interviews.

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