10 conseils pour entrepreneur créatif en herbe

Pour la seconde fois, le festival Tropisme et Alter’Incub lancent un appel à projets thématiques « Culture & numérique ». À la faveur d’un atelier sous forme de « study case » organisé le 6 avril au coeur du festival, nous avons découvert 3 profils d’entrepreneurs pour autant d’approches et expériences significatives. Nous en avons extrait 10 conseils à destination des entrepreneurs culturels.

LES ENTREPRENEURS

« Changer le regard sur le streaming » « Représenter la diversité musicale d’un territoire » « Offrir une qualité sonore optimale en concert »…Nos trois entrepreneurs culturels ont de l’ambition. Mais avant même d’aborder des problématiques de développement, ils ont dû répondre à des questions fondamentales : quel est l’objectif de mon entreprise ? Quelle taille / envergure je souhaite atteindre ?

Définition des services, business plan, marketing… monter une entreprise demande beaucoup d’énergie et de patience. Mais surtout, il faut se poser les bonnes questions et savoir où trouver les réponses.

1/ FAIRE UNE VEILLE SUR LES DISPOSITIFS D’AIDE

« Il y a beaucoup de dispositifs d’aide pour les projets technologiques innovants. C’est important de faire une veille là-dessus. » nous précise Stéphane Dufossé. En effet, des dispositifs comme le JEI (Statut de jeune entreprise innovante) ou le CIR (Crédit Impôt Recherche) sont de bons leviers pour aider une jeune entreprise qui fait de la R&D.

Le Ministère de l’éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche accompagne également l’entrepreneuriat étudiant via le JEU (Jeune Entreprise Universitaire), les PEPITE (Pôles Étudiants pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat), le statut national étudiant-entrepreneur…

Le saviez-vous ? Le statut de demandeur d’emploi permet d’optimiser les aides.

Aller plus loin : Aides à la création d’entreprise : guide à l’usage du créateur (Source : CCI Paris Ile-de-France)
Atelier Alter'Incub Tropisme 2015 @ Sébastien Paule
Atelier Alter’Incub Tropisme 2015 @ Sébastien Paule

2/ DÉVELOPPER DES PARTENARIATS PRIVÉS

Quand on lance un projet, les dépenses sont nécessaires et les revenus rares. Développer des partenariats privés vous permettra d’éviter de lourds investissements, mais aussi de vous assurer le soutien d’entreprises déjà implantées. De nombreuses entreprises n’hésitent pas à faire du mécénat auprès des start’ups avec une dimension d’innovation technologique.

Stéphane Dufossé a « structuré le lancement de Augmented Accoustics autour d’un partenariat avec Bose, pour les casques, et Alcatel ». Cédric Claquin précise qu’il ne faut « surtout pas se cantonner au secteur culturel et ne pas hésiter à aller chercher des soutiens ailleurs ».

Le mécénat peut diminuer la prise de risque, mais « il faut avoir soi-même la capacité d’injecter de l’argent » nuance Laurent Queyrut.

Aller plus loin :
> Quelques conseils pour présenter votre projet (SMartBe)
> Susciter ou pratiquer parrainage et mécénats
culturels
(Source : www.culture.gouv.fr)
> Comment aborder la recherche de partenariats privés ?
Entretiens croisés
(Source : www.bretagne-mecenat.fr)
> Le site de l’Admical : www.admical.org
 

3/ CHOISIR UN MODÈLE DE GOUVERNANCE QUI VOUS RESSEMBLE

Association Loi 1901, SAS, SCIC, SCOP… les statuts juridiques sont nombreux et ont tous leurs particularités. Vous souhaitez créer une SCIC ou une SCOP ? Monter une structure ancrée dans l’économie sociale et solidaire est un choix éthique, certes, mais parfois lourd à mettre en place et qui peut s’avérer totalement inadapté à votre manière de travailler. Demandez-vous d’abord, quelle est votre organisation actuelle ? En répondant à cette question, vous trouverez forcément le modèle le plus adapté.

Laurent Queyrut souhaitait « combiner un modèle d’entreprise classique et les valeurs d’une gouvernance démocratique ». Stéphane Dufossé, lui, a mis la priorité sur « la souplesse du statut et l’envie de faciliter l’entrée d’investisseurs dans son entreprise ». Les deux ont monté une SAS « classique ».

Aller plus loin
Une SCOP, c’est quoi ? (Source : www.les-scop.coop)
Tableau comparatif : SCIC, SARL, SAS et SA (Source : www.les-scop.coop)

Qu’est-ce qu’une SAS ? (Source : www.notaires.paris-idf.fr)

4/ ÊTRE RIGOUREUX EN TRÉSORERIE

Votre vision budgétaire ne dépasse pas quelques semaines ? Surveiller de très près votre trésorerie pour vous éviter des déconvenues.

Conseil : Le calcul du besoin en fonds de roulement est essentiel et doit être adapté à votre situation. Rapprochez-vous de votre conseiller habituel ou d’un cabinet d’expertise comptable pour évaluer avec lui vos besoins.

Aller plus loin : Le besoin en fond de roulement (BFR) (Source : entrepreneur.fr)

Tropisme 2015 - © Laurent Onde -
Tropisme 2015 – © Laurent Onde –

5/ METTRE L’USAGER AU COEUR DE L’ENTREPRISE

Votre usager est au centre de votre projet. « Il faut trouver la bonne façon de générer de la valeur, réfléchir à la façon dont on pense la relation et les échanges avec les usagers » nous dit Cédric Claquin. Jérémy Brémaud renchérit : « Une proposition de valeur ne tient que du point de vue du client. Si le client ne s’aperçoit pas de cette proposition de valeur, c’est qu’elle n’existe pas ».

Il existe des méthodologies simples et créatives pour penser un produit ou un service du point de vue de l’usager. Les méthodes Agile en font partie. Les associés d’illusion & macadam s’y sont initiés pendant l’AG 2015 de la coopérative : en savoir plus.

6/ FAIRE CIRCULER L’INFORMATION

Communiquer est important, mais tout n’est pas toujours bon à dire. Pour être efficace, faites circuler une information cohérente dans l’équipe. Identifiez une personne référente de la communication interne et choisissez vos outils.

Les réunions, petits-déjeuners, repas d’équipe sont des moments où on se tient au courant des activités et des projets. Appliquez-leur les techniques d’animation qui vous conviennent (temps de parole limité, 3 questions à préparer, projets coup-de-coeur à présenter, brainstorm, atelier de créativité…). Privilégiez également des temps de loisirs, formels ou informels, qui participeront à la bonne entente de l’équipe (photo d’équipe, tournoi de pétanque, apéritif, marathon photo… faites parler votre imagination !)

Aller plus loin : L’équipe d’illusion & macadam utilise l’outil collaboratif Azendoo : découvrez-le ici

7/ ACCEPTER LA PRISE DE RISQUE

Une entreprise doit toujours innover, avoir une longueur d’avance. Pour cela, il faut prendre le risque de se tromper. Cultiver l’acceptation de l’échec dans son entreprise peut avoir des effets positifs. Comment rebondir et ne pas reproduire ses erreurs ? C’est la question qui se pose à « FoirER », la Foire aux Echecs Réussis ou aux conférences Failcon.

8/ S’APPUYER SUR UNE ÉQUIPE DE FONDATEURS…

Beaucoup de start’ups naissent d’une rencontre (amitié, intérêt pour le projet, relation professionnelle, complémentarité des compétences…). Une équipe composée de personnes se connaissant bien et étant en capacité de travailler ensemble est une base essentielle. Mais c’est aussi un paramètre complexe à gérer (égos, problèmes de communication, différence entre vie personnelle et vie professionnelle…).

“Notre entreprise est née des mains de 4 associés fondateurs. Nous nous connaissions mais n’avions jamais travaillé ensemble. Il a fallu trouver du liant pour que ça fonctionne” nous confie Stéphane Dufossé.

9/ …ET SUR DES NOUVEAUX VENUS

Parallèlement, il faut accepter que certains membres de l’équipe ne souhaitent pas s’engager plus. Il faut avoir conscience que la passion des débuts, essentielle pour le projet, n’est pas éternelle.

La question du recrutement est elle aussi toujours épineuse. Il est primordial de trouver un équilibre entre les différentes générations. “Si les jeunes diplômés sont opérationnels et ont l’avantage de coûter moins cher, les personnes plus expérimentées peuvent apporter une vision stratégique essentielle pour le développement du projet” nous dit Laurent Queyrut.

10/ ACCEPTER D’ÊTRE ENTREPRENEUR CULTUREL ET DÉVELOPPER SES COMPÉTENCES

Le rapport à la culture économique et de gestion est souvent délicat dans le secteur culturel et peut constituer un frein réel dans le développement des projets. Être un entrepreneur et développer un projet culturel d’utilité sociale ne sont pas deux notions antinomiques. Accepter d’être entrepreneur est un enjeu essentiel de notre secteur.

“Ce qui me gêne plus que la dualité culture/entreprise, c’est le manque de curiosité. Il faut travailler sur la complémentarité et avoir une réflexion plus écosystémique qu’économique.” Cédric Claquin

 

 

Prise de notes : Marie Kermagoret & Sophie Marron
Rédaction : Marielle Rossignol

A propos

Marielle ROSSIGNOL
Marielle ROSSIGNOL

Marielle Rossignol est chargée de communication de la coopérative illusion & macadam. Ses sujets de prédilection sont : la communication Web, le community management, le crowdfunding. Elle accompagne également des porteurs de projets dans la réussite de leurs campagnes de financement participatif, en lien avec KissKissBankBank.

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